"Pourquoi bloguer dans un contexte d'affaires"

Je viens tout juste de terminer la lecture du petit (150 pages) livre "Pourquoi bloguer dans un contexte d'affaires". Ce livre, paru en 2007 aux Éditions Isabelle Quentin, est un assemblage de petits essais dirigé par Claude Malaison. Dix blogueurs réputés du Québec se sont vus se faire assigner un thème particulier: bloguer pour influencer, bloguer pour vendre, bloguer pour informer, etc..

C'est plutôt réussi comme ouvrage. Si j'étais actif en affaires, la lecture de ce livre m'inciterait fortement à considérer le blogue comme outil d'affaires. J'aime bien aussi sentir le ton "québécois" du livre. Nous ne sommes pas en présence d'une traduction d'un livre états-unien ou d'un livre écrit par des français de France.

Le style d'écriture de chacun des dix blogueurs s'exprime assez bien. On voit qu'il y a eu certaines directives qui ont été données à la commande des textes (comme, par exemple, la création d'encadrés (ils en ont tous, sauf Claude Malaison qui ne s'est probablement pas lui-même donné la directive!)) mais chacun possède un style d'écriture propre et distinct.

Les sections que j'ai le plus appréciées sont (par ordre d'apparition dans le livre):

  • Bloguer pour vendre (Michel Leblanc): Très direct, très pratique dans son approche. Ne s'enfarge pas dans des notions théoriques - se contente d'être direct avec ses conseils ("Gardez votre blog simple...", "Ne cherchez pas à être célèbre...", etc.).
  • Bloguer pour apprendre (Mario Asselin): Étant moi-même professeur, j'étais plutôt sensible à cette section du livre. Mario Asselin rapporte très bien la génèse de son expérience de blogueur. On sent tout l'aspect expérimental de l'opération. Il me réconforte dans mon choix d'essayer le blogue dans un contexte d'enseignement.
  • Bloguer pour se définir (Sylvain Carle): Bien sûr, le propos lui-même est intéressant mais c'est aussi le fait que Sylvain Carle semble avoir passé quelques temps dans la Silicon Valley qui m'accroche. Moi aussi j'ai fait mon bout de chemin dans la Silicon Valley au début des années 2000, dans le temps où on pouvait devenir millionaire si on savait ce que signifie l'acronyme DWDM. Mais à l'époque, il ne me serait pas venu en tête de créer un blogue. J'étais dans une logique purement mercantile et dépassée. Mes idées, je les gardais pour moi - quelle erreur! Aujourd'hui, professeur dans une université, il me faut partager mes idées... La société me paye pour ça.
  • Bloguer pour se souvenir (Claude Malaison): Probablement le plus cérébral de tous. Mentionne le lifelog ou carnet de vie. C'est intéressant comme concept. Il me rappelle que j'ai eu le privilège, au "International Symposium on Wearable Computing 2008", de voir une petite caméra développée par Microsoft et qui était destinée à être portée par un individu pour enregistrer toute sa vie.

Je me suis demandé quelle était la pertinence du petit glossaire en fin de livre. C'est OK mais je n'ai pas senti que j'en avais besoin. Plusieurs des termes qui y sont définis ne sont même pas utilisés dans le livre. Et, sur le plan technique, certaines des définitions sont plutôt naïves (e.g. définition du peer-to-peer qui se mélange avec la topologie client-serveur et qui, semble-t-il, permet d'éviter les actions en justice! Je comprends parce que j'en sais plus que ce qui est écrit dans le livre à ce sujet - et je n'ai alors pas besoin du glossaire.).

Pour ma part, je cherche encore à comprendre pourquoi bloguer non pas dans un contexte d'affaires mais plutôt dans un contexte d'enseignement supérieur. Mon blogue est encore très très jeune et pas encore complet du point de vue technologique (je suis en train de me construire mon propre CMS pour gérer mon blogue... simplement par plaisir). J'espère qu'un jour je pourrai prendre part à un ouvrage tel celui que je viens de discuter en prenant la responsabilité du thème "Bloguer pour enseigner".

Billet publié le dimanche 19 juillet 2009, sous la rubrique Lecture.